Victor Hugo, Les Contemplations : résumé (fiche de lecture) - Français

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mardi 21 janvier 2020

Victor Hugo, Les Contemplations : résumé (fiche de lecture)


 Victor Hugo, Les Contemplations


Genèse de l’œuvre

Poète, dramaturge, romancier, Victor Hugo est le chef de file du romantisme, mouvement littéraire parmi les plus représentatifs du 19ème siècle. Considéré comme l’un des écrivains français les plus importants, il est également un intellectuel engagé dans la politique de son époque. Cet engagement lui vaut d’être exilé à Guernesey en 1851, après le coup d’Etat de Napoléon III. C’est durant cet exil qu’il achève Les Contemplations , qu’il a commencé à rédiger en 1830 et qu’il publiera en 1856.
Présentées par l’auteur lui-même comme les « Mémoires d’une âme », Les Contemplations se veulent détachées d’une poésie visant au simple enchantement de l’oreille. Elles sont d’inspiration plus profonde et évoquent les méditations du poète écoutant en lui l’écho des événements contemporains. La valeur autobiographique de ce recueil ne peut certes être contestée. Elle est notamment attestée par le poème Demain dès l’aube qui évoque la mort de la propre fille de Victor Hugo. Toutefois, ce recueil traduit moins des douleurs strictement personnelles que les souffrances et les rêves de tous les hommes. Le poète déclare ainsi dans Les Chants du crépuscule (1835) « ne laisser subsister dans ses ouvrages ce qui est personnel que parce que c’est peut-être un reflet de ce qui est général ».

Structure de l’œuvre

L’œuvre est organisée en deux parties :
Tome I (livres I à III) : Autrefois (1830 – 1843)
Tome II (livres IV à VI) : Aujourd’hui (1843 – 1855)

La date de 1843 est importante : elle marque la mort par noyade de sa fille Léopoldine, tout juste mariée, âgée de 19 ans. Victor Hugo ne se remettra jamais de cette disparition tragique.
Au total, ce recueil comprend 160 poèmes, écrits au cours de 25 années d’existence.


Résumé de l’œuvre

Livre I : Aurore

Ce premier livre évoque la jeunesse du poète : souvenir des premiers émois amoureux (Vieille chanson du jeune temps), des promenades solitaires du rêveur, agrémentées d’agréables rencontres (Elle était déchaussée…) ou de visions pittoresques, marquées par la joie de contempler la nature (La vie aux champs).
Il présente également le passage du poète à travers la société mondaine, dans une atmosphère d’élégante insouciance (La fête chez Thérèse).
Enfin, cette partie traduit l’éveil de son génie poétique, à travers son goût précoce pour l’écriture (Le poète s’en va dans les champs) et la libération du langage par la création poétique (Réponse à un acte d’accusation).


Livre II : L’âme en fleur

L’amour parcourt l’ensemble des poèmes de ce second livre. Le poète évoque ses souvenirs amoureux qui parfument une vie douloureuse. Il fait référence aux traditionnels symboles antiques (Le rouet d’Omphale), aux tourments amoureux (Paroles dans l’ombre), à la puissance mystique de ce sentiment (Il fait froid).


Livre III : Luttes et rêves

Dans ce troisième livre, le poète n’a plus le droit de sourire, ses rêves sont devenus sombres : le devoir social, humanitaire le réclame. De partout jaillissent les cris des humbles et des miséreux qui souffrent. Dans cette partie, Victor Hugo évoque ainsi son combat contre la misère, la tyrannie, face au Mal qui semble régner en maître.
C’est dans ce livre que figure le poème Melancholia à valeur argumentative, dénonçant l’exploitation des jeunes enfants dans le cadre de la révolution industrielle. C’est également un réquisitoire contre le progrès :
« Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme
Une âme à la machine et la retire à l’homme ! »


Livre IV : Pauca meae

Ce livre est consacré à la mort de la fille de Victor Hugo et exprime le deuil d’un père face à cette disparition soudaine. C’est une poésie de grande souffrance, marquée par le désespoir ( Trois ans après), les souvenirs attendrissants de l’enfant disparu ( Elle avait pris ce pli), le découragement (veni, vedi, vixi ).
Le poème Demain dès l’aube, d’un lyrisme touchant, a été écrit à la veille du quatrième anniversaire de l’accident. Le poète y décrit le cheminement qui le conduira par l’imagination sur la tombe de sa fille bien-aimée. Ce voyage vers le souvenir et vers la mort prend la forme d’une célébration, à travers laquelle la jeune Léopoldine semble revivre éternellement grâce à l’offrande de fleurs symboles d’immortalité :
« Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur »


Livre V : En marche

Après avoir fait le deuil de cette disparition, le poète reprend son chemin, penché vers le peuple qui souffre ( Le mendiant). Il continue à méditer sur les spectacles de la nature, source de symboles moraux (Pasteurs et troupeaux ). Il célèbre l’humilité des plus pauvres et la bonté, source de toute joie ( Les malheureux ).


Livre VI : Au bord de l’infini

Dans ce dernier livre, le poète semble s’élever vers les hauteurs, confiant en Dieu, en dépit du mal et de la douleur ( Dolor ). Il célèbre également dans un enthousiasme lyrique la puissance des hommes de génie, penseurs, savants, poètes, seuls capables de percer le grand mystère de la vie et capables de servir d’intermédiaires entre l’humanité et Dieu ( Les Mages ).
L’ouvrage se termine par une émouvante dédicace à sa fille Léopoldine, A celle qui est restée en France :
« Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.
Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi,
Ce livre qui contient le spectre de ma vie,
Mes angoisses, mon aube, hélas ! de pleurs suivie »


Intérêt des Contemplations


Une réflexion profonde

A travers ce recueil de poèmes, Victor Hugo laisse entrevoir une pensée très féconde organisée autour de 4 thèmes principaux :
La nature, source de pureté, d’espoir et d’unité, est une véritable source d’inspiration pour le poète.
L’amour est omniprésent dans cet ouvrage, et se manifeste sous différents aspects : filial (d’un père à sa fille), divin (amour de Dieu), amours de jeunesse, ou encore pour la nature.
La souffrance, à travers les épreuves d’une vie douloureuse, notamment marquée par le deuil, est également une constante dans tous ces poèmes. C’est la foi qui permettra à l’homme de dépasser ce désespoir pour poursuivre son chemin.
La religion est abordée sous la forme d’une quête spirituelle, dans un sens profondément mystique
La misère et la pauvreté sont une préoccupation récurrente, qui traduit l’engagement de l’auteur envers les plus démunis. Ce combat poétique contre l’injustice annonce son futur roman emblématique Les Misérables .


Une œuvre d’art, personnelle et humaine

Par la composition savante et harmonieuse des poèmes, mais aussi par l’originalité du style et de la versification, Les Contemplations sont considérées comme une véritable œuvre d’art.
Ce recueil est également une œuvre profondément humaine, montrant l’homme dans toute sa souffrance et sa faiblesse, mais aussi dans toute sa force, capable de surmonter les épreuves d’une vie douloureuse et injuste.
Enfin, c’est une œuvre personnelle, dans laquelle Victor Hugo se dévoile dans toute sa fragilité d’homme blessé par le destin, anéanti par la douleur, puisant au plus profond de lui-même pour tenter de se reconstruire.

En ce sens, Les Contemplations sont bien les « mémoires d’une âme » livrées en toute humilité aux lecteurs.

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